Paradigma de Pia Petersen

 

TASHA'S BOOKS
Tasha
Juin 2019

 

 

Couverture du livre Paradigma - Éditions Les Arènes / EquinoXLogo du blog Tasha's Books

 

 

 

Los Angeles, la ville sur la faille. Dans les coulisses de la remise des Oscars, une Marche silencieuse s’organise. Sur les téléphones, les rumeurs et les hashtags ont lancé le mouvement.
Dans les rues, des grappes d’inconnus venant de partout se rassemblent, dans une ambiance explosive et électrique.
Tout est parti de Luna.
Mais qui est Luna ?
Beverly Hills, les stars, les hackers, les gangs, les flics, les riches… face à des millions d’exclus de la société du spectacle, qui ont décidé de reprendre leur destin en main.
Toutes ces énergies convergent vers la déflagration et l’utopie.

Un livre total et nécessaire.
Et c’est aussi une histoire d’amour, évidemment.

 

 

Ce que j'en pense

 

 

Grande baffe dans la tronche que ce Paradigma de Pia Petersen. Les premières pages sont saisissantes, extraordinaires de puissance: le chaos, le massacre, la fin. Je ne comprenais pas les tenants et les aboutissants mais j'étais happée par cette vision post-violence. Et puis le récit reprend, avant le massacre, dans une évocation qui m'a parfois fait penser au Cosmopolis de Don DeLillo.

Une vision fragmentée selon plusieurs points de vue permet de saisir une Los Angeles même pas futuriste, puisqu'on comprend que Trump est le président en exercice. Mais c'est une ville qui exacerbe tous les clivages sociaux qui est peinte, avec sa violence terrible, ses quartiers de pauvres et ses villas de riches. Car le travail est devenu une denrée rare et ne permet pas toujours de vivre décemment dans un monde où quelques uns se sont appropriés pour en faire commerce les ressources naturelles. Une majeure partie de la population est sans abri, sans protection aucune, tandis qu'une infinité de puissants s'empiffre et se protège à grands renforts de milices privées. Les tensions ne sont pas seulement raciales, elles sont sociales, et les forces de l'ordre sont promptes à tirer sur les pauvres: @poorlivesmatter.

Le roman va saisir cette société à son point de rupture, quand les pauvres vont se regrouper et user à leur profit de la société du spectacle dont Hollywood est le parangon.

Le récit se développe selon divers points de vue, reprend en arrière, forme un kaléidoscope incroyable de maîtrise narrative et de force.

N'attendez pas une action trépidante à grands coups de retournements de situation: c'est à une implosion que nous assistons, mais vous verrez, on sort de cette lecture étrangement apaisé, ou peut-être même galvanisé.

J'ai découvert Pia Petersen avec ce roman et je compte bien la suivre désormais: elle a une voix et une vision, tout ce que j'aime dans le noir.