Parfois il discutait avec Dieu

 

 

PRESSE      EXTRAIT

 

 

 

 

Photo de Pia Petersen

 

 

 

LE MOT DE L'EDITEUR

 

 

 

 

Elle lui est devenue insupportable, l’obligation que, par toutes ses illusions, la société lui fait de tendre au bonheur. Alors, cet homme a décidé de s’installer dans la rue et, se considérant comme un échappé du confort, il est devenu un clochard sans nom.
Dans le récit que lui a inspiré cette rupture, Pia Petersen décrit, avec une grande sobriété d’écriture, les errances de celui qui passe désormais ses journées entre une bibliothèque où il cherche la chaleur plus que les livres, une église où il lui arrive de se réfugier, et la rue où, un beau matin, d’un regard il tombe amoureux d’une jeune femme et prend la mesure de ce qui, désormais, le sépare d’elle et de ses semblables.
Avec des mots ordinaires attestant le soin qu’elle a de ne pas farder la réalité, et en évitant toujours de donner à la misère humaine une valeur esthétique, Pia Petersen fait passer des réflexions dont on comprend mieux l’origine quand on sait sa formation philosophique. En filigrane du récit apparaît ainsi sa propre inquiétude sur le devenir d’une société quasiment carcérale dans laquelle il n’importe que d’être rentable et d’alimenter un système au bout duquel on perd l’essentiel de sa condition d’être humain et de sa capacité d’aimer.
Au ras du pavé, dans la chronique et les soliloques de ce clochard silencieux qui parfois discute avec Dieu, émerge ainsi la question : que peut-on faire quand, même dans la rue, même aux marges de la société, on ne peut plus être libre ? Une question que parfois, reconnaissons-le, nous nous posons sans nous risquer à la formuler.

 

 

 

SALVATORE LOMBARDO, Art Sud

 

Pia Petersen sait ce que résiste-écrire veut dire. Encore. La lire c'est espérer encore un peu plus loin...

 

 

N’ayant plus d’identité réelle, le prénom fonctionne comme un oripeau, une défroque. Qu’il s’appelle Théo, Hadrien ou Luka, il est dans une solitude si écrasante, abandonné au froid du cœur autant qu’à l’hiver parisien, que sa parole ne s’adresse à personne. Peut-être d’ailleurs qu’il ne prononce pas à voix haute ce qu’il dit, mais les mots dont il ne s’est pas encore défait – lien limite au monde extérieur – tournent dans sa tête. Les mots finiront par le quitter, lorsqu’ils ne donneront plus vie à rien.

 

CLAUDINE GALEA, La Marseillaise

 

 

Notre-Dame de ParisNotre-Dame de Paris Pont de Paris Librairie Shakespeare et compagnie

 

Un récit remarquable de sobriété pour conter les errances d’un homme qui décide de s’installer dans la rue.

 

La Provence

 

 

 

 

 

 

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Il descendit au rez-de-chaussée, il sortit et il longea la rue de Rennes vers la place du Québec, le vrombissement des voitures faisaitcomme un écho, qui en doublait presque la sonorité, c'était toujours comme ça quand il sortait de la bibliothèque et de son silence, les bruits étaient plus présents. L'air glacial se plaquait contre son visage. Le froid était presque visible et la nuit déboulait. La nuit allait être longue, l'hiver, elle était toujours trop longue. Quelquefois il regrettait le choix qu'il avait fait. Il aurait pu vivre autrement, dans un appartement, au chaud devant la télé. Mais il avait choisi la marge, il vivait en bordure du monde et il y faisait souvent froid.