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Dieu en tongs à la librairie
Pia Petersen - Mon nom est Dieu

Couverture du livre Mon nom est Dieu - Éditions Plon Mon nom est Dieu, le nouveau roman de Pia Petersen aurait pu s’intituler: «Et si c’était vrai?».
Il ne faudrait pas en déduire pour autant qu’il est modelé dans les mêmes intentions gentillettes. Qui a déjà lu Pia Petersen sait que ce n’est pas le genre de l’auteur.

Et si c’était vrai, donc?
Et si ce SDF malotru, râleur invétéré, narcissique, un brin libidineux, limite parano et porté sur les psychotropes en tout genre disait vrai? Et si c’était bien Dieu en personne, revenu sur Terre?

Même si tu es Dieu… Même là, je ne pourrais pas croire en toi. Tu es quoi? Une idée? Une fiction, un personnage de roman? Tu n’es peut-être rien de tout ça, c’est moi qui divague… elle est confuse puisqu’il est bien matériel, très physique.

Mais pourquoi elle, d’abord? Pourquoi celui qui dit être Dieu l’a-t-il choisie, elle entre tous, pour écrire sa biographie ? Morgane Latour, journaliste au Los Angeles Examiner, qui n’est pourtant pas du genre à s’en laisser compter, est perplexe.

Elle n’a pas envie de parler mais elle est curieuse, il faut qu’elle sache de quoi il retourne.
Ça fait longtemps que vous n’habitez nulle part?
Vous faites quoi, dans la vie?
Je suis Dieu. C’est ce que je fais.
Elle n’insiste pas davantage.


Si elle est présente ce jour à l’élection du père Noël officiel, où elle croise pour la première fois celui qui se fait appeler Dieu, c’est que dans l’assistance se trouve celui qui l’intéresse vraiment, l’homme qui sera au cœur de son prochain article: Jansen, un prédicateur, officiellement fondateur d’une nouvelle Église. Dans un article en préparation, la jeune journaliste s’apprête à dénoncer les dérives de l’organisation sectaire qui se cache sous les oripeaux de la respectabilité.

Morgane ne croit pas plus au père Noël qu’à Dieu, quel que soit le nom ou l’apparence dont on l’affuble. Et pourtant, contre toute attente, troublée par l’énigmatique clochard, elle va finir par accepter la tâche qu’il lui confie. Pire, elle lui propose de s’installer dans le petit studio attenant à son appartement.

Et si c’était vrai? Si c’était Dieu? Pourquoi pas? Est-ce qu’on peut prouver qu’il n’existe pas? Même si c’est une escroquerie, ce type y croit, il en est persuadé et Jansen s’y intéresse de près. Dans tous les cas, ce sera toujours l’histoire d’un homme qui se prend pour Dieu et qui va au bout de ses convictions.

Dieu est déphasé; il ne comprend plus rien aux Hommes.

Dieu affirme qu’il peut tout savoir mais ce n’est pas pour autant qu’il peut tout comprendre. Il ne comprend pas les hommes et il n’aurait jamais dû leur donner le libre-arbitre. Il les a libérés, voilà tout et c’était une bêtise.

Alors Morgane le traîne à travers L.A., pour lui montrer l’état du monde et qu’il se frotte à sa Création. Lors de leurs balades, Dieu se montre on ne peut moins coopératif: il élude la plupart des questions qu’elle lui pose sur sa vie et se comporte de façon pour le moins cavalière, comme entrer dans une librairie, honteusement flatté de trouver tant d’ouvrages qui lui soient consacrés, et repartir les livres sous le bras, sans passer par la caisse. À quoi bon, puisque tout lui appartient et que tout lui est dû; il est Dieu, non?
Même s’il lui en fait voir de toutes les couleurs, la jeune fille s’attache à cet homme singulier. À son contact quotidien, elle assiste à d’étranges phénomènes et se prend à remettre en question ses certitudes. Et si Dieu existait?

Après, bon, c’est à chacun de décider pour lui-même. D’ailleurs elle s’en fiche de savoir s’il existe ou pas, il peut exister, ce n’est pas pour autant qu’elle doit y croire.

De son côté, Jansen essaie par tous les moyens de rallier Dieu à son Église. Quoi de mieux pour son entreprise qu’une telle figure emblématique? Les nouveaux fidèles vont se bousculer et, avec eux, des sommes d’argent tout aussi conséquentes.
Mais le néo-gourou n’est pas seul sur le coup. D’autres responsables religieux veulent mettre la main sur ce Dieu qui pourrait mettre à mal les obligations et autres contraintes qu’ils ont érigé en son nom pour asseoir leur pouvoir.

Les porte-parole sont les pires. Les prêtres, les imams, les prophètes, un vrai cauchemar ; des escrocs, des arnaqueurs qui ne voient que leur intérêt.

Après Instinct primaire, Pia Petersen s’attaque dans Mon nom est Dieu à un nouveau sujet sensible: les religions.

Il est terriblement humain le Dieu de Pia Petersen, avec tous ses défauts. Bien loin de l’image d’Épinal, de ravissement et de bienveillance qui lui est traditionnellement associée.
Pourtant, les Hommes, il ne les a pas à la bonne. Ils n’ont rien compris et l’ont déçu, écœuré.
Pourquoi racontent-ils tant de fadaises à son sujet? Où ont-ils été cherché toutes ces histoires qu’ils propagent sur son compte, déformant tous ses propos, défigurant toutes ses intentions?
Ils ne s’y prendraient pas mieux pour l’accabler s’ils ne l’aimaient pas. D’ailleurs, il se mord les doigts de leur avoir laissé le libre-arbitre. Pour ce qu’ils en ont fait…

C’est n’importe quoi, ces disputes sur mon nom.
Tout ça pour une histoire de territoire, un angle de vue qui donne la priorité à une interprétation plutôt qu’à une autre, un bout du monde plutôt qu’un autre et c’est sûr que c’est compliqué mais le pire, c’est qu’on ne s’est même pas demandé ce que je désirais, moi. On me préfère tout le temps différent de celui que je suis et maintenant je ne sais plus très bien moi-même. Je te le dis, les hommes ne me comprennent pas, ils croient qu’il y a un nouveau Dieu qui prend la relève ou que je suis moins important. Pourtant, je suis le même, Dieu, l’Unique, quelle que soit la religion, fanfaronne-t-il.


Évidemment la figure de ce Boudu mystique et dépressif est matière à situations décalées et scènes drolatiques. Mais cette comédie “à l’américaine” faussement légère donne à réfléchir, sur l’existence d’une entité supérieure et le rôle réel des religions au nom desquelles les hommes s’entretuent à travers la planète.

Si Dieu est vraiment Dieu, il creuse sa tombe en revenant sur terre, c’est ce qu’elle se dit et elle se demande ce qui arriverait si la rupture entre les hommes et Dieu était consommée. Dieu pourrait-il mourir pour de bon? La relève est-elle prête? Et s’il n’y a pas de relève? Peut-être que l’homme peut exister sans supérieur hiérarchique.

Auteur de convictions, Pia Petersen ne se gêne pas pour distiller au passage ses positions sur d’autres sujets d’actualité tout aussi polémiques, comme la question des origines, par exemple.

Elle n’attache aucune importance à l’idée d’origines, ni de racines. L’histoire de sa propre famille est floue, ses origines vagues, incertaines, très mélangées mais ça l’arrange. C’est comme une liberté qui lui a été offerte et elle ne comprend pas cette obsession qui s’empare des gens à ce propos.

Mon nom est Dieu est une fable impertinente et divinement jubilatoire. Au moins jusqu’à son dernier quart, que j’ai trouvé plus poussif, et qui finit un peu abruptement. Mais j’ai appris depuis, dans cette vidéo pour les Librairies Mollat, qu’il s’agit là du premier tome d’une future trilogie. Ceci expliquant cela.
J’attends donc de découvrir la suite et de voir comment Pia Petersen va négocier son récit sur la durée.

 

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