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Janvier/Février 2013

 

Couverture du Magazine LittéraireBig writer, saison un

 

Gary Montaigu, le héros d'Un écrivain, un vrai, est un écrivain comblé. Riche et célèbre, aimé du public et de la critique, il a une belle maison à New York, une très jolie femme nommée Ruth qui veille à son bien-être et à son entregent, des amis influents, et il vient de remporter l'International Book Prize. Et quand un producteur lui propose d'être filmé par une équipe de télévision et vu par des millions de téléspectateurs vingt-quatre heures sur vingt-quatre, il accepte: Ruth pense que sa carrière en bénéficiera, et lui croit qu'Un écrivain, un vrai - c'est le titre de l'émission - fera découvrir au grand public l'écrivain au travail et lui donnera le goût de la littérature. Mais Gary, comprenant peu à peu qu'il est tombé dans un piège, qu'il a vendu son âme et que la vulgarité télévisuelle est absolument contraire à sa conception de la littérature et à son ambition d'écrivain, se rebiffe, ce qui provoque la colère de la production, et surtout de son épouse.
Autour du couple Montaigu gravitent des journalistes arrivistes, et la tension s'accroit. Va-t-il se résigner à poursuivre le tournage d'Un écrivain, un vrai et à accepter d'être un écrivain sympa et "positif", soucieux de son image? Ou bien va-t-il renouer avec sa singularité, son intégrité, avec ce que Philippe Murray appelle la "négativité vitale"?
Préfigurée par Andy Warhol et son fameux "quart d'heure de célébrité" auquel chacun d'entre nous a désormais droit, commentée (pour être le plus souvent dénoncée) par à peu près tous les journaux et les essayistes, la téléréalité semble déjà de l'histoire ancienne: les émissions de ce genre sont apparues il y a plus de dix ans, et la fiction s'en est rapidement et abondamment emparée, toujours de manière satirique et désapprobatrice, au cinéma (de Kika à Reality en passant par The Truman Show), dans le roman (Acide sulfurique d'Amélie Nothomb, L'Idole de Serge Joncour...), le polar (L'Oiseau de mauvais augure de Camilla Läckberg) ou le récit d'anticipation (Running Man de Stephen King, Hunger Games de Suzanne Collins...). Dès 1949, à vrai dire, le roman avait devancé la (télé)réalité, avec la parution de 1984 d'Orwell: un des premiers reality-shows, diffusé en 2001 aux Pays-Bas et en Angleterre, ne s'appelait-il pas carrément "Big Brother"?
Bref, tout paraît avoir été dit sur la téléréalité, elle n'indigne plus personne, et le roman de Pia Petersen arrive un peu tard. Lorsqu'elle cherche à nous démontrer que la télévision en général et la téléréalité en particulier sont incompatibles avec la réflexion et constituent un danger pour la pensée, elle dit sans doute vrai, mais elle enfonce une porte ouverte. L'originalité et l'intérêt de son livre résident ailleurs: dans l'idée de mettre en scène un écrivain dans cet univers. À travers les tourments de Gary et par le biais d'une habile progression dramatique, Pia Petersen parvient à faire sentir que cet univers est en quelque sorte l'incarnation de l'antilittérature et que l'écrivain, dans le monde connecté et médiatisé qui est le nôtre, est plus seul que jamais en étant en même temps la dernière chance de liberté qu'il nous reste. Mais Pia Petersen le fait sans être pesante ni démonstrative, à l'aide de phrases légères et précises, non pas en solennelle moralisatrice mais en moraliste malicieuse.

 

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