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Logo CorsicaCorsica (Robert Colonna d'Istria), avril 2005

La joie des pauvres


Le personnage du roman de Pia Petersen est un doux, qui rêve d’amour et de poésie – les seules choses, en définitive, qui comptent dans l’existence. C’est un doux qui a renoncé à tout ce qui encombrait sa vie – tout ce qu’on l’abjurait d’amasser pour fabriquer le bonheur – et qui s’est fait clochard. Pas agressif, ni alcoolique, ni insultant, ni violent, c’est un clochard de notre temps.

On sait peu de son existence passée, sauf que c’est de propos délibéré, après une « crise de claustrophobie », qu’il a rompu avec elle. Il voulait être indépendant. Il l’est, mais sur le trottoir de Paris, dans le froid. Pendant des jours et des nuits, il marche et fait la manche. Il va se chauffer dans les bibliothèques, le métro, les bistrots qui le tolèrent, les églises. Il est indépendant, effectivement, mais terriblement seul : alors il rêve d’amour ; il ne rêve, n’a toujours rêvé que de cela. Et il tombe amoureux. L’expression, pour une fois, dit exactement ce qu’elle veut dire : il passe de l’indépendance à celui de la dépendance. Il était terriblement seul, et désormais une jeune femme, apparemment bien installée dans la vie, existe pour lui. Il la voit, la suit, l’attend, l’espère. Puis le miracle se produit : elle le remarque, lui parle, lui apporte de quoi se couvrir. Elle lui offre sa présence, son regard, un peu de soleil. Elle a un prénom, Laura, lui n’en avait plus. Ils marchent ensemble, vont ensemble dans un café. Il a quelqu’un à qui parler. Il lui avoue ses sentiments. Comme le bonheur, tout cela est rempli de contraintes. Tout cela est insupportable, impossible.

Les paumés, dans ce roman, restent des paumés, la marginalité est ce qu’elle est, inhumaine, dure, sans intérêt – les marges sont remplies de brutes et de dingues - , la ville est bruyante, polluée, mais dans ces deux cent pages, il n’y a pas le moindre misérabilisme. Il y a, en revanche, infiniment d’émotion, de tendresse, beaucoup de douceur.

Pia Petersen qui nous arrive du Danemark – mais écrit en français -, s’est servie de son clochard innommé, des marges de Paris aujourd’hui, pour nous raconter une très ancienne histoire, toujours la même : solitude, sentiment d’être inutile, un homme, une femme, une rencontre, l’amour, etc. Son originalité ? Sa petite musique à elle, sobre et précise, claire. Sur fond de misère, avec un très délicat portrait du monde d’aujourd’hui – du monde vu à l’envers -, elle a composé un menuet un peu triste. Cette jeune femme – dont on ne sait pas si elle est bien installée dans l’existence – est à suivre.

Robert Colonna d’Istria

 

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