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Couverture Le Pèlerin Le Pèlerin (Isabelle Marchand), octobre 2005

 

Pia Petersen

Le regard d’une solitaire


Pia Petersen a vécu la très grande solitude. Les mots qu’elle utilise pour la décrire dans son troisième roman, Une fenêtre au hasard, sonnent comme une musique particulière. Une romancière à découvrir.

Ce qui frappe, d’emblée, chez Pia Petersen, c’est son regard. Un regard très clair qui illumine son visage et donne envie de s’y plonger. Alors pendant que l’écrivain se raconte, on ne peut s’empêcher de regarder ses yeux vairons, une étrangeté qui lui donne un air d’ailleurs.
On songe, alors, que ce n’est pas étonnant si Une fenêtre au hasard est une histoire de regards qui se scrutent, se sentent, se fuient. Dans une rue étroite, une femme, assise à sa table, regarde la fenêtre de l’appartement d’en face. Les persiennes sont closes, elle s’invente des histoires. Pourtant, chaque fois qu’elle veut les écrire, celles-ci se dérobent. Jusqu’au jour où un homme vient habiter l’appartement. Le cœur qui bat, un état d’euphorie, quelqu’un à regarder : voilà une histoire qui accepte – enfin – d’être couchée sur le papier.
La narratrice achète des jumelles et observe cet homme. Peu à peu, il se sent épié. Il est cameraman, il ne supporte pas l’idée d’être guetté. Il a en tête que la fin du monde va peut-être arriver prochainement. Il n’a pas encore trouvé l’amour.
Elle se sent moins seule, découvre la souffrance d’aimer, cet amour qui aide à se sortir de soi, comme un moteur qui propulse. Ils n’ont qu’une rue à traverser.
Une fenêtre au hasard visite un thème qui n’est pas nouveau. Comme dans La spectatrice, actuellement au cinéma, on découvre l’histoire intime d’une femme qui regarde un homme, éperdument. Mais l’écriture singulière de Pia Petersen – comme deux monologues intérieurs de l’homme et de la femme qui s’effleurent -, touche. « Écrire, c’est donner de l’âme aux mots », note son personnage.
Les mots de Pia Petersen emportent le lecteur, comme les notes d’une musique. Ils décrivent avec force le quotidien d’une solitude extrême, ils disent avec justesse l’énergie du sentiment amoureux et celle de la naissance de l’écriture.
Pia Petersen avait 7 ans lorsqu’elle a décidé qu’elle serait écrivain. Mais elle a passé beaucoup de temps à ne pas écrire : « Avoir des intuitions sauvages, dit-elle, ce n’est pas suffisant pour devenir un bon écrivain. » De père français et de mère danoise, elle a grandi au Danemark où, dit-elle, « la société est trop froide, avec de moins en moins d’amour ».
Devenue adulte, elle a trouvé en France un peu plus de chaleur. Elle a appris notre langue en même temps que la philosophie. Elle écrit en français, elle en aime les sons et les textes. A Marseille, où elle s’est installée, elle a tenu quelques années une librairie-café.
Pendant longtemps, Pia Petersen n’a pas regardé la télévision. À 16 ans, un reportage sur le nucléaire l’avait trop bouleversée. Elle a préféré recueillir les bruits du monde auprès des passants, dans la rue, en les regardant. Elle a vécu avec rien, sans attaches, dans une grande solitude. C’est ainsi qu’elle a façonné son regard. Et son livre est comme son regard. À la fois lucide et généreux.

Isabelle Marchand

 

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