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Logo Corsica Corsica (Robert Colonna d'Istria), décembre 2005

De la solitude à la déchéance


Pia Petersen nous avait déjà donné Parfois il discutait avec Dieu (2004) et Une fenêtre au hasard (2005), qu’en son temps nous avions salués. Avec Passer le pont, elle explore un nouveau volet de la solitude contemporaine. Son premier héros était une espèce de clochard bienveillant ; l’héroïne de son deuxième livre était en mal d’amour, et ne parvenait pas à rencontrer un homme qui, pourtant bardés de toutes les réussites sociales, était lui aussi tragiquement seul. Le personnage principal de son dernier livre – ses personnages sont, en réalité, tout sauf des héros… - est une jeune femme qui perd un beau matin son emploi. Avec ce changement brutal – on ne sait rien de son état antérieur -, sa vie se décompose ; elle perd à la fois une situation professionnelle, et son emploi dans le monde. Sa vie perd sens et saveur, et se réduit à ses apparences les plus ennuyeuses, les plus mornes et les plus tristes. Cette situation sordide la pousse – malgré elle – dans les rangs d’une espèce de secte, qui apporte l’esquisse d’une vague solution à son drame. S’agit-il vraiment d’une secte ? Ou bien seulement d’un groupe plus ou moins informel inféodé à une espèce de gourou cynique et tyrannique ? Peu importe. La question est une des intrigues du récit. Dans le groupe, où circulent en abondance alcool et héroïne, les personnes sont anéanties par leur protecteur et maître, soi-disant pour les ressusciter à une nouvelle vie, qui serait celle, merveilleuse et pure, « de l’esprit ». De la solitude à la déchéance, il n’y a qu’un pas. Pia Petersen nous le fait franchir avec une langue effroyablement dépouillée – cet adverbe se réfère à l’existence que mène la personne dont on conte la vie ; on n’en sait même pas le prénom réel… -, et avec une absolue économie de moyens : son texte, une nouvelle fois, est une belle réussite, d’autant plus admirable qu’elle prend appui sur quelques-unes des plus pitoyables réalités humaines. Au fil des pages, on mesure que la déchéance est si grande qu’on n’est peut-être plus très loin d’une rédemption ; tout le récit, en définitive, est tendu vers cette espérance.

Robert Colonna d’Istria

 

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