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Textes - Nouvelles...

 

Boris Vian en Haïti

Texte paru dans le n° 70 de La Revue L'Atelier du roman
et dans le n° 2 de la revue Intranqu'îllités

 

Boris Vian et sa trompettePoète, écrivain, chroniqueur, jazzman, ingénieur, Haïti était incontournable mais il ne l’avait jamais visité. Aujourd’hui il se venge en posthume, pour redevenir vivant.
Il aime jouer avec les mots. Port-au-Prince. Il fait la queue dans une espèce de hangar. L’accueil est chaleureux chez vous mais qu’est-ce que c’est déglingué, il dit à une femme à côté de lui à l’aéroport, serrant sa trompinette contre lui. Le contrôleur de passeport fixe son instrument avec méfiance. Un flic fait signe à Boris de passer. Il passe sous un panneau, port d’armes interdit. La java des bombes atomiques. Dehors, Port-au-Prince l’attend. Soleil cru. Un bruit assourdissant lui saute à la figure, des klaxons, des musiques, des voix fortes, des cris stridents, les gens se parlent. Il est compressé par la ville surpeuplée, la foule, des mains, des bras, des corps partout. Vertige. Ça tourne dans sa tête.
Il est chez lui, enfin, dans un marasme fou que la mort omniprésente rend vivant. Vivre jusqu’à la dernière goutte. Vivre comme jamais avant. Vivre avant qu’il ne soit trop tard. Vivre tout de suite, ça ne peut plus attendre, c’est maintenant qu’il faut y aller.

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Nora et la musique

SaxophoneNora n’arrivait pas à oublier le vieux clochard qu’elle avait croisé pendant que sa mère faisait des courses, il était assis sur le trottoir, adossé contre le mur et il jouait du saxo.
C’était le printemps, il ne faisait pas trop froid et les gens étaient plus souriants que d’habitude. Nora ne l’avait jamais vu avant. Elle s’était sentie étrangement troublée par le son triste de l’instrument et quand sa mère sortit de la boutique, Nora voulut rester encore pour l’écouter. Sa mère lui dit qu’elle le verrait un autre jour, tu as des devoirs ma chérie et elle entraîna sa petite fille avec elle. Nora tourna la tête et regarda le vieux clochard aussi longtemps que possible. (...)

 

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Couverture de La Revue Littéraire Labirinti- Éditions de l'Università di Trento (Italie)Réalité des écrivains

Texte paru dans le n°150 de La Revue Littéraire Labirinti
de l'Università degli studi di Trento - Dipartimento di Lettere e Filosofia

Avventure da non credere. Romanzo e formazione

La réalité, c’est l’ensemble des choses qui sont, qui ont une existence objective et constatable, c’est ce que nous apprend le dictionnaire, pratiquement n’importe quel dictionnaire. C’est donc quelque chose qui se situe en dehors de nous et sur lequel nous n’avons pas forcément un contrôle.

Être écrivain est un statut ambigu, ou plutôt être romancier est ambigu. C’est d’abord une manière de s’inscrire dans une longue tradition foisonnante d’êtres qui écrivent des choses magnifiques, destinées à nous éclairer, à nous faire rêver, à nous aider à comprendre le monde.
En même temps ce n’est pas grand chose et certains écrivains, de plus en plus nombreux, se disent qu’écrire des romans ne sert à rien. Pour d’autres, le romancier est une caricature de l’homme qui pense, mieux vaudrait qu’il ne s’oblige pas à ce type d’exercice, qu’il demeure principalement intuitif. L’écrivain ou le romancier est célébré et traîné dans la boue. Il est pris au sérieux comme une espèce de visionnaire ou chassé de la cité comme un menteur, un homme qui trompe les autres et qui dispose de toute une technique (carrément un arsenal) pour cela. On veut l’écrivain, on en a besoin et en même temps on lui crache dessus, on le démolit. On ne sait pas vraiment ce qu’on pense de lui. Est-il nécessaire, ou peut-on s’en passer? Quel est son rôle au juste? A-t-il une fonction? Est-ce un pédagogue qui nous apprend la vie, ou peut-être qu’il crée carrément la vie que nous concevons?

Réalité des écrivains? Une lutte incessante pour être ce que l’on est. Et qu’est-ce qu’on est, au juste? (...)

 

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Couverture de La Revue Littéraire - Éditions Léo ScheerConcierge story

Texte paru dans le n°53 de La Revue Littéraire
Scènes littéraires

Ma concierge, pour une raison que j’ignore, m’arrête toujours pour m’interroger quand elle me croise. Elle veut connaître mon planning, savoir comment marche mon dernier roman, s’il y a eu des articles. Elle me dit à chaque fois que ni sa soeur ni son fils ne me connaissent. Je l’intrigue. J’ai souvent tenté de sortir de l’immeuble sans qu’elle me voie mais elle reste tapie derrière sa fenêtre, à surveiller la cour. J’avance discrètement la tête afin d’inspecter les environs. J’ai un débat dans une heure alors pas question qu’elle m’interpelle. Concierge - Photo de Robert DoisneauSon nom est Christiane mais dans ma tête je l’appelle la concierge pour garder les distances. Une fois j’avais accepté de boire un café chez elle. PLUS JAMAIS JE NE M’EXPOSERAI DE LA SORTE. Apparemment elle n’est pas là. Je poursuis mon chemin et juste quand je me crois sauvée, j’entends sa voix derrière moi.
Alors, vous êtes pressée aujourd’hui ?
Je me retourne et la vois devant sa loge, une cigarette à la main, prenant appui sur son balai. Elle attend ma réponse. Je ne sais pas pourquoi mais elle me déstabilise et je bafouille que oui, non pas vraiment, enfin, j’ai un truc à faire…
Quel truc ?
Oh, pas grand-chose, ce n’est pas important, un débat…
Un débat ? Mais vous ne m’avez rien dit.
Elle tire sur sa cigarette, me sonde du regard. Je suis mal à l’aise.
Et sur quel sujet? (...)

 

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