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Logo de MondoBlogLibre de lire (Charles Wébert) - Mai 2014

 

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Couverture du livre Instinct primairePia Petersen: les femmes en Occident, sont-elles libres?

La collection «Les Affranchis» des éditions du Nil a demandé à quelques auteurs de rédiger une lettre. La lettre qu’ils n’ont «jamais écrite». Une expérimentation littéraire à l’ère de l’explosion de l’autofiction? Une sorte de jeu qui aboutirait aux je (je moi et je l’autre) littéraires? Dans Instinct primaire, Pia Petersen, écrivain danois, auteur d’Un écrivain, un vrai chez Actes Sud, sous la trompeuse apparence d’une lettre d’amour, nous parle de la femme. Ses instincts de reproductrice. Sa soumission à un modèle social désuet qui n’a pas été pensé pour elle ou avec elle.

 

 

Pia Petersen @L'Express

Les premières phrases du livre laissent croire qu’il s’agit d’un roman. Un de ces romans épistolaires dans lequel le narrateur n’est pas le lecteur, mais une troisième personne (réelle ou fictive). Ce n’est pourtant pas le cas d’Instinct primaire. C’est un essai. Un essai qui se déroule sur fond de fiction ou d’autofiction. Ce n’est pas une œuvre littéraire telle que le conçoit Roland Barthes dans Essais critiques (Écrivains et écrivants). C’en est peut-être une pour Jean-Paul Sartre dans Qu’est-ce que la littérature? (Qu’est-ce qu’écrire?). Au milieu de toutes ces contradictions théoriques (engagement ou désintéressement de la littérature), une chose est sûre: ce livre est une lettre-prétexte pour dire l’abêtissement de la femme moderne qui partage sa vie avec un homme comme un morceau de gâteau.

Le mariage est un contrat désuet

Pour la rédactrice de cette lettre (Pia Petersen?), le mariage est un contrat désuet, qu’on met «autour du cou» de l’autre pour le posséder. Un simple acte d’achat d’un produit pour une durée indéterminée. Un lien sacré qui perdure dans une société qui n’a de sacré que la recherche des intérêts personnels, du profit. Un deal comme on dit en anglais.

«Le mariage est fondé sur un contrat et ça me trouble. Aujourd’hui, en Occident, on divorce à tout bout de champ, ce qui annule le caractère sacré de ce lien. […] Mais si le mariage n’est plus une union sacrée, il est réduit à n’être qu’un contrat, voire un contrat d’embauche à durée indéterminée, soit, mais dans lequel les clauses de rupture devraient être prévues. Ce contrat alors n’est plus qu’un acte de propriété qui se revendique à chaque instant au nom d’une vieille, trop vieille tradition, désormais inadaptée à la société actuelle » (p. 30)

Pour l’auteur, le mariage devrait être un choix. Non pas une imposition. Car la société occidentale le sanctionne par des avantages et des désavantages fiscaux. Celui qui refuse de se marier se trouverait dans l’obligation de payer son choix. Le mariage, s’il est envisageable, devrait être un contrat à durée déterminée. Le jusqu’à ce que la mort nous sépare traditionnelle entrave la liberté de l’individu.

La femme s’appartient

Le corps de la femme n’appartient à personne d’autre qu’à elle. Cela, tous les féministes l’ont compris. Mais, Pia Petersen va plus loin. Pour elle, le problème de l’avortement ne devrait pas être posé, car il revient à la femme de décider si elle veut avorter ou pas, non pas à la loi.

«[…] elle seule [la femme] a le droit sur son corps et ce qu’elle en fait est de sa responsabilité, à elle et cela n’est pas négociable. La question [de l’avortement] ne devrait même pas être posée. A moins, bien entendu, que son corps soit mis sous tutelle d’Etat comme étant un bien de l’humanité à préserver, auquel cas, elle ne s’appartiendrait plus, auquel cas elle ferait partie d’un fonds commun, à la manière d’une espèce à préserver ou d’un monument classé patrimoine mondial […]» (p. 33)

Non, enfanter n’est pas la fonction première de la femme!

Instinct primaire est un vrai plaidoyer contre la femme-animal, qui n’a d’autre but que la reproduction. Le danger est beaucoup plus grave quand la femme croit elle-même qu’elle ne s’accomplit qu’en mettant au monde un enfant; qu’en jouant sa fonction de reproductrice, de fournisseuse de bras au capitalisme ambiant. La femme, a-t-on envie de dire, est une fournisseuse de main-d’œuvre. Un objet. Une machine à reproduire. Qui s’achète sur le marché matrimonial (Gary Backer) et qui se vend à bon marché, car elle croit elle-même en sa valeur marchande.

Ce livre de 112 pages pose des problèmes profonds. Pia Petersen s’expose au scandale, soulève le voile que porte la société occidentale qui se dit libre et dans laquelle la femme est un dogme, une chose à ne pas toucher, qui ne peut se (re)penser, effort pourtant indispensable à son plein épanouissement. «Si la femme se remettait en question, sa situation serait plus claire et peut-être même qu’elle ne voudrait plus retourner à la maison ou porter le voile ou attendre de se faire violer dans une tournante».
Wébert Charles

 

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