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Le Jeudi du Luxembourg (Stéphanie Hochet) - Avril 2014

Photo de Pia Petersen dans Le Jeudi du Luxembourg

Dieu Himself

«Mon nom est Dieu» de Pia Petersen, chez Plon

Née à Copenhague, Pia Petersen vit en France et écrit en français. Connue pour sa peinture souvent sarcastique de notre société, elle imagine, dans son dernier roman, qu'un personnage nommé Dieu sème la zizanie à Los Angeles.

Et si Dieu (re)venait sur terre? Pia Petersen n'est pas le genre d'auteur à craindre le blasphème ou les théories ambitieuses. On se souvient de son roman Un écrivain, un vrai (Actes Sud 2012), dans lequel elle imagine que les auteurs de fiction élaborent leur oeuvre dans une émission de télé réalité en fonction des desiderata du public, ou encore Instinct primaire (Nil, 2013), une charge contre la pensée systématique qui voudrait que le destin de chaque femme soit la maternité.

Son dernier opus est un conte contemporain mettant en scène un personnage nommé Dieu dont l'apparence de clochard ventripotent, râleur et dépressif ne cesse d'intriguer ceux qui le croisent. Quitte à choisir un lieu où rencontrer les êtres humains, Dieu a choisi Los Angeles. Tout y semble possible, et on y croise aussi un nombre considérable de farfelus. D'ailleurs, la question mérite d'être posée: ce «Dieu» est-il un imposteur? Tout le monde le pense et retient un fou rire quand il se présente («Mon nom est Dieu») mais le lecteur en est-il convaincu?

Ce que «Dieu» cherche avant tout, c'est quelqu'un capable d'écrire sa «biographie», raison pour laquelle il se rapproche d'une jeune journaliste, Morgane. Lorsque Dieu lui demanda d'écrire sa biographie, elle dit non, fermement non, pas question. Lorsque Dieu lui ordonna d'écrire sa biographie, elle lui demanda de quel droit il lui donnait des ordres. Morgane commence par refuser puis accepte un peu par crainte (la fureur de Dieu provoque malaises et tremblements de terre…) un peu par tentation, car elle tombe rapidement sous le charme de cet individu opaque.
Dieu s'installe chez elle, boude, critique avec la mine d'un homme qui en veut à la terre entière, s'emporte contre les religions qualifiées de n'importe quoi.

Fable métaphysique

Non, Dieu n'a pas changé depuis l'Ancien Testament, il a même plutôt gagné une déprime qu'il tente de soigner à coup d'antidépresseurs.
Certes, il a un don pour répondre aux questions anodines, si on lui demande ce qu'il fait dans la vie: Je suis Dieu, c'est ce que je fais.
Avare d'amabilités, il ne se prive pas de commenter ce qu'il perçoit comme un désamour des humains pour sa personne, méprise son fils Jésus, s'exaspère du culte de la personnalité de ses prophètes, s'emporte contre ses changements de nom (de Yahvé, puis Dieu à Allah) qui ont semé la confusion. En conséquence: Personne n'arrive plus à le situer, lui, en tant que tel. Il est trop relativisé, voilà tout et c'est pour ça que les gens ne le respectent plus, parce qu'ils s'imaginent qu'ils peuvent faire tout et n'importe quoi. Malpoli, méprisant (les hommes sont pitoyables), voleur, est-ce un paranoïaque traînant dans les rues de Los Angeles ou l'incarnation de Dieu himself?

Ses colères sont suivies de bouleversements sismiques (certes à Los Angeles, les tremblements de terre sont courants mais enfin), et il a l'étrange caractéristique de changer d'apparence, de taille, de poids, de couleur de peau en un temps record. Enfin, il intéresse le gourou d'une secte…

Pia Petersen créé une fable contemporaine plus métaphysique qu'il n'y paraît, et, telle une joueuse de cartes, développe une intrigue dont Mon nom est Dieu est le premier rebondissement.
A suivre.
Stéphanie Hochet

 

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