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Logo du quotidien L'HumanitéL'Humanité (Muriel Steinmetz) - Août 2014

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Dieu lève le coude trop souvent

Dans son dernier roman, l’écrivaine danoise Pia Petersen imagine le créateur du monde fait de chair et de sang, plongé dans la plus profonde dépression.

 

Couverture du livre Mon nom est Dieu - Éditions PlonIl est hirsute, il sent mauvais, ses vêtements sont usés jusqu’à la corde. Il a l’air renfrogné, une barbe grise pas très longue. Il prend des antidépresseurs pour tenir. Le personnage principal du dernier roman de Pia Petersen ne paye pas de mine. Il dit pourtant s’appeler «Dieu/Allah/Yahvé». S’il a choisi Los Angeles pour sa première apparition, c’est «à cause de l’industrie du cinéma qui a toujours fait cas de sa personne». Dieu va rencontrer Morgane, une journaliste résolument athée, pour qui il est un simple «montage» et la Bible un superbe «roman». À la grande joie de son agent, elle va se laisser convaincre d’entreprendre la biographie de Dieu qu’elle traîne dans tous les bars huppés de la ville, où il se comporte comme un moins que rien, buvant, fumant, baisant pour rattraper le temps perdu. Cet antihéros égocentrique, fainéant, revenu de tout sans jamais être allé très loin, offre l’occasion à la romancière danoise, qui porte sur l’époque un regard critique sans concession, de se mettre en quête d’une autre forme de fiction. Gentiment subversive, elle s’amuse beaucoup à partir de ce sujet d’étude, Dieu, entre tous controversé. Avec une grande liberté de ton et d’invention, elle donne à voir un Dieu bourré de complexes qui regrette amèrement d’avoir octroyé le libre arbitre à l’humanité. Ce Dieu s’attaque de biais à tous ses porte-parole, prêtres, imams ou prophètes, qui «ont décidé de mettre par écrit des choses que j’ai dites un peu par hasard», dit-il. De nombreuses questions loufoques jalonnent ce récit toujours léger malgré la profondeur du thème… On croise encore un faiseur de secte, figure récurrente dans les romans de Pia Petersen. Le tour de force consiste à l’évidence à jeter le doute sur l’existence de Dieu grâce à la journaliste qui est bien obligée de constater deux ou trois miracles survenus depuis que le pochard est entré en scène. Cet homme au bout du rouleau, chargé de tous les péchés du monde, déclenche le rire en même temps qu’une sorte d’empathie à rebours. Il en devient presque divin.
Muriel Steinmetz

 

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