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Pia Petersen, Le chien de Don Quichotte

J’avais repéré depuis un moment cette collection de romans noirs, Vendredi 13, où treize romans seront écrits par treize auteurs différents, avec comme thème imposé «vendredi 13». La bibliothèque en proposant plusieurs, j’ai choisi celui-ci à cause du titre.
Hugo est un tueur sans états d’âme, à la solde d’un patron qui ne recule devant rien pour réussir. Cependant, Hugo rencontre un prêtre alcoolique et désabusé qui lui donne un roman, et à partir de cette lecture, tout change. Notre garde du corps zélé se met en tête de faire le bien, de devenir une sorte de Robin des bois moderne au service des plus faibles. Lorsque son patron le met sur la trace d’un groupe de hackers qui l’a volé, il tente de mettre en pratique cette nouvelle philosophie. Mais il n’est pas si facile de changer de chemin et tout ne marche pas comme il le souhaiterait. Il devra retourner voir le prêtre sceptique qui ne lui est pas d’un grand secours. Quant aux jeunes pirates de l’informatique, ils vont se retrouver aux prises avec le patron et ses nervis.
Le roman a la forme d’une ronde où chaque personnage apparaît et disparaît tour à tour pour laisser la place à un autre, et finalement la ronde se resserre jusqu’à la scène finale. Le style percutant, très proche de l’oral, tout en renfermant de belles trouvailles linguistiques, colle aux pensées des héros et rythme l’action de très belle façon. Une bonne dose d’humour ajoute au plaisir de lecture. J’aurais aimé que la fin soit un petit peu plus resserrée, mais ce léger bémol ne m’a pas empêché d’apprécier l’incursion aux côtés de ce drôle de Don Quichotte moderne.

Extrait:

Le prêtre posa sa main sur son verre et le poussa en direction du barman qui le remplit à ras bord. Le prêtre n’attendit pas, il le but d’un trait et en réclama un autre puis il regarda Hugo et lui demanda s’il voulait se confesser. Ça fait du bien la confession. Une vraie douche intérieure, un coup de propreté, rien que ça. Hugo le remercia mais non, il n’avait rien à dire. Hugo ne parlait jamais de lui ni de son travail, parce qu’il ne voulait pas effrayer les gens. Le jour où sa mère avait appris comment il gagnait sa vie, elle avait eu peur. Il n’oublierait jamais son visage affolé quand elle vit les pistolets et le couteau sur la commode de sa chambre. Le barman remplit à nouveau le verre du prêtre qui continuait à marmotter. Tout le monde a quelque chose à confesser. Des saloperies. Les gens sont mauvais. A l’image de Dieu.
L’être humain est une espèce ratée. Le prêtre buta sur le mot raté et dut se répéter plusieurs fois. Hugo l’écoutait poliment. Le prêtre ne le dérangeait pas et de toute façon il n’avait rien d’autre à faire, il avait réglé un problème délicat et il buvait un verre parce qu’il ne voulait pas rentrer chez lui, c’était bientôt son anniversaire et ça lui faisait drôle. En descendant de sa chaise pour gagner la sortie, le prêtre s’agrippa à son épaule. Pour toi, dit-il en lui filant le livre sur le comptoir. Cadeau. Il empestait l’alcool. Lis ça. C’est pas mal. Il avala son dernier verre et chancela en se dirigeant vers la porte et quand il ouvrit le battant pour sortir, un courant d’air froid et sec pénétra dans le bistrot. Hugo frissonna. Le barman qui avait suivi le prêtre des yeux expliqua qu’il venait de l’église un peu plus loin et aussi qu’il ne croyait plus en Dieu, qu’il ne croyait plus en rien. Comme tout le monde.

 

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