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Février 2013


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Un écrivain, un vrai de Pia Petersen: 215 pages à ne pas rater !

 

Ecrivain reconnu, Gary Montaigu reçoit la consécration suprême avec l’International Book Prize. Miles un producteur de télé propose à Gary de rester encore plus longtemps sous les feux de la gloire avec une émission de téléréalité qui lui sera entièrement consacrée. Pendant deux mois, Gary poursuivra l’écriture de son roman en cours et les spectateurs voteront. C’est eux qui décideront de l’évolution du livre alors que Gary sera filmé en permanence. Ruth la femme de Gary qui supervise sa carrière l’encourage vivement d’accepter. Avide de reconnaissance, elle arrive à convaincre Gary. Miles leur vend le projet comme la possibilité de donner une autre vision de la littérature. Plus actuelle, plus en phase avec ce que les gens demandent. Seule l’écriture d’un livre ne fera pas d’audience, Miles le sait pertinemment. Il faut donner davantage aux téléspectateurs. Leur laisser la possibilité de s’impliquer dans le roman mais aussi dans l’intime, le personnel. Le contrat prévoit que Ruth surprendra Gary en train d’embrasser une autre femme Tout est écrit par avance. Mais au bout d’un mois la mascarade s’arrête à cause de Gary.

On retrouve Gary un an plus tard après un accident. Isolé dans une chambre de son domicile, assis dans un fauteuil roulant, il écrit sans conviction parce que Ruth l’ordonne. Elle a toujours tout planifié pour lui. Miles s’impatiente pour que le tournage de la storystelling reprenne au plus vite. Ruth use de tous les moyens mais Gary refuse obstinément.

Alternant habilement le déroulement de l’émission de téléréalité et les impacts des mois plus tard, l’auteure nous amène à découvrir ce qui s’est passé. Elle dresse le portait réaliste peu flatteur de la télévision prête à tout pour répondre à la demande des téléspectateurs mais aussi celui de notre société . Les gens aiment s’inviter dans l’intime des autres, s’identifier à quelqu’un et surtout le juger. A travers Gary, les questions sur le rôle de la littérature, la liberté de l’écrivain et les besoins que nous fabriquons sont creusées.
Avec une écriture vive où l’énergie se mêle à l’intelligence, Pia Petersen nous offre un très bon roman avec des réflexions et les propos très justes ! Un livre dévoré qui s'est transformé en hérisson (avec ses nombreux marque-pages!).

Gary retourne sa chaise et contemple la feuille vide devant lui. Il se tâte pour écrire mais à quoi bon? Ca ne sert plus à rien. Le monde sombre dans l'ignorance, la déshumanisation dans le totalitarisme dans l'obsession de la sécurité dans le profit, les hommes sont réduits à n'être plus que des vecteurs économiques; il y a trop d'hommes et ils ne comptent plus du tout, l'esprit critique n'est plus possible, remplacé par "j'aime, je partage", et lui, il se demande si ça sert encore à quelque chose d'écrire. A une époque, il pensait que la littérature contribuait à la construction de la société, qu'elle apportait une vision des choses. Elle était cet intervalle où il était encore possible de penser en continu, avec un fil conducteur.

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