Une affaire qui a du chien
RETOUR PRESSE Dog Fiction

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Hubert Artus
Mars 2026
Depuis qu'elle s'est mise à la fiction de genre (noir en l'occurence), l'imaginaire de Pia Petersen ne quitte plus Los Angeles. Ce n'est pas seulement parce qu'elle connaît très bien cette mégapole, c'est aussi parce que, comme le signalent les premières pages, cette ville s'est construite "à la manière d'une fiction, [et] s'écrit au gré de sa fantaisie." Ne soyez donc pas étonné : le narrateur de Dog Fiction est un chien errant, Yoda, 4 ans. Sa vie bascule quand il tombe sur Orlando Samson, un chirurgien esthétique qui ne veut plus trafiquer les visages mais changer le monde du vivant. Pas la nature, mais le naturel. Ou ce qui est considéré comme tel. Cela commencerait par humaniser un chien : lui donner une voix, une pensée, une essence. Bientôt, Yoda se retrouve donc doté d'un visage humain et , oui, lui qui n'était qu'un narrateur littéraire va devenir un être (monstrueux !) au milieu des autres personnages. Ou bien contre eux car, désormais, Yoda va attirer les convoitises (celles de Busk, milliardaire qui a financé l'opération...), les haines (des évangélistes, des animalistes), et les projets biométriques et numériques les plus dingues. Mais le temps d'un chien humain n'est pas celui des hommes, et cette enfilade de courses contre la montre nous saisit sur la forme (roman d'action pétaradant) comme sur le fond : une parabole subtile sur les notions de genres, sur le vrai et le fake, et nos vies qui sont toujours multiples. Comme si la créature de Frankenstein rencontrait Bambi en dansant sur du Mickaël Jackson.


