

Né sous X, de parents anonymes, battu puis abandonné quand j’étais encore un chiot fragile, je m’adapte tant bien que mal à la dureté de la rue sous les néons blafards de North Hollywood. Je me nourris comme je peux. Grâce aux touristes, il y a toujours de quoi manger, un sandwich oublié sur un banc, un reste de poulet dans un doggy bag sur un coin de rue. Je n’ai pas d’adresse fixe, comme disent les humains, je suis en mouvement et je garde profil bas. Sauvage et méfiant, je rase les murs. Il arrive qu’un touriste se penche sur moi pour me caresser mais il recule vite fait quand je grogne. J’ai le contact difficile.
C’est ainsi que les choses de ma vie se sont déroulées, qu’elles se déroulent et qu’elles se dérouleront probablement pour un temps infini. La vie a ses impératifs. J’ai des endroits préférés, comme La Brea, où j’ai mes amis humains, Melrose Avenue avec ses restaurants et ses boutiques et Fairfax Avenue quand je descends jusqu’à Wilshire Boulevard. J’aime l’espace vert autour du LACMA, et parfois j’arrive à me glisser dans La Brea Tar Pits pour regarder l’éléphant. Ce soir, je rôde sur Hollywood Boulevard, près de Musso & Frank Grill. La nuit est belle, les étoiles sont presque visibles et j’ai l’impression que la lune bien ronde me promet un futur sans ombrage. C’est un restaurant très réputé et parfois un cuisinier sort pour me donner des restes de viande. Quelques vendeurs à la sauvette traînent sous les néons. Par terre des sans-abri sont enroulés dans leurs couvertures pour la nuit et contre les pans de murs, entre les magasins de souvenirs et les bars, des dealers attendent les acheteurs pendant que des prostituées comptent les clients potentiels. Une rousse me fait un clin d’œil. Des touristes paniqués, qui n’ont pas entendu parler de ce qui se passe sur le boulevard la nuit, cherchent à rentrer à leur hôtel ou à leur Airbnb. Des hommes sortent des clubs de striptease, l’œil humide. Un Darth Vader déambule en parlant au téléphone, il répète soirée de merde, soirée de merde, soirée de merde... Un homme, un doggy bag à la main, sort de chez Musso & Frank, il doit être l’un des derniers clients à partir. Je garde un œil sur lui pendant que je flaire le bas du palmier devant le restaurant. L’homme s’arrête et me regarde dans les yeux. Curieusement, je reste là et le regarde à mon tour. D’habitude j’évite le contact des yeux. Puis il s’agenouille et ouvre son doggy bag et me présente son repas. En un clin d’œil et quelques secondes pendant lesquelles je le flaire de haut en bas pour m’assurer qu’il est un bon humain, il devient mon meilleur ami. Il se remet debout et sans qu’aucun mot ne s’échange entre nous, je le suis. Il vit dans les collines derrière le Château Marmont, son nom est Orlando Samson.
Vivre avec lui me change de la rue et je me sens comblé. Quand il se déplace, je me déplace avec lui, comme son ombre. La nuit, je dors à ses pieds, pour veiller sur lui. Je n’ai jamais fréquenté un humain de si près et je suis surpris quand il commence à me parler comme si j’étais son égal. J’ai le sentiment de le comprendre. Je l’observe jour et nuit. La vie des humains est si différente, si riche, ils sont toujours en train de faire quelque chose, manger, ou lire ou travailler ou boire des verres avec des amis. J’aimerais avoir une vie comme eux. Orlando garde toujours des friandises dans sa poche et quand je lui montre que je devine ce qu’il me dit, il ne manque jamais de me récompenser. C’est comme si mon intelligence se développait et je sens comme une envie d’apprendre davantage. Il parle de littérature, d’art, de philosophie et il s’interroge quand il partage ses théories avec moi. Embêté de ne pas pouvoir lui parler, je l’écoute attentivement. Je rêve de devenir humain.
Il verse la sauce sur la salade qu’il s’est préparée et s’installe sur le canapé avec son bol qu’il pose sur la table basse. Je monte à ses côtés et me cale contre lui, la tête sur ses genoux. Il regarde à peine la télévision allumée. L’air distrait, il me gratte sous le menton.
C’est quand même fou qu’une question d’apparence si simple soit si compliquée. Et qu’est-ce que c’est curieux, cette expression être naturel. Et le retour aux sources.
Il attrape son bol et s’adosse contre le dossier du canapé. Il mange très vite. Hier, il avait parlé du principe actif des aliments qui perdent leurs nutriments au contact de l’air et il m’avait expliqué l’importance de prendre soin de sa flore intestinale et du bon fonctionnement de son métabolisme. Sa perception du naturel est très étrange. J’imagine un champ de maïs où des humains rongent les épis à même le pied, ou d’autres boivent le lait de vache directement à la mamelle, ou pire, dévorent le bras cru de leur voisin à même le corps.
Si l’humain revient à son état initial, primaire, et sauvage, est-ce que ça veut dire qu’il n’y aura plus de supermarchés ? N’est-ce pas reculer ? Refuser de tendre vers l’avenir ? Ça veut dire que les hommes vivront tous dans la nature ? Je suis allé dans un supermarché une fois et j’ai aimé la musique de fond et toutes ces choses avec des odeurs différentes.
Orlando s’est endormi et des ronflements heureux s’échappent de son sommeil. Je me concentre sur la télévision et les images défilent, je vois la guerre partout sur la planète, des gouvernements qui déploient des moyens énormes pour détruire des villes et tuer des gens, je vois des gens qui sont pauvres et qui cherchent leur nourriture dans la rue, comme moi, parce qu’ils n’ont pas les moyens d’aller au supermarché, je vois des gens qui s’insultent et se bagarrent et s’entretuent. Les humains ont peur. Moi, j’ai peur des skates et des trottinettes. Orlando m’a dit que l’humain s’appuie sur l’Histoire pour donner du sens à son passé et maintenant il la remet en cause.
Le progrès et l’avenir cèdent la place à un lointain passé, celui qui disait que la Terre était plate. Le processus évolutif orienté vers une société meilleure est désormais considéré comme le chemin direct à l’apocalypse, la fin du monde et la destruction de la planète. Rien que ça. L’humain n’aime décidément pas les nuances. Orlando m’a dit qu’on interdirait sûrement le mot progrès un jour. J’aimerais pouvoir le dire, ce mot, comme un humain.
Mon nom est Yoda. Je ne sais pas pourquoi on m’a attribué ce nom. Bâtard de taille moyenne, je pèse vingt-cinq kilos et je suis plutôt très bien musclé. On ne trouve pas un gramme de gras sur mon corps. Le vocabulaire employé pour parler des chiens n’a jamais pris en compte nos sentiments ou notre ressenti. L’humain dit que je suis un bâtard parce qu’il n’arrive pas à déterminer mes origines. Il recourt même à ce mot pour insulter ses congénères, quand l’un de leurs parents est inconnu, souvent le fruit d’amours interdites. En ce qui me concerne, je suis un croisement, un mélange de plusieurs races. Si le mot race ne s’applique pas aux humains, il s’applique aux animaux. Je ne sais pas pourquoi mais je suppose qu’il y a des raisons scientifiques à cela. C’est un de ces illogismes dans le langage humain qui me tracassent. Cela dit, ça ne me dérange pas d’être un bâtard. À chaque fois que je me répète ce mot poétique bâtard, je pense à des milliers de choses et des histoires se bousculent dans ma tête, entremêlées de questions sur l’existence et la connaissance de soi. Le mot est doté d’une promesse d’inattendu. Être un bâtard est la possibilité formelle de s’inventer à l’infini puisque je ne sais pas sur quel passé ni sur quelle culture m’appuyer. Je n’ai pas d’origine ni de racine qui détermine qui je suis et qui m’empêche d’être qui je voudrais être.
En France, sur l’île de La Réunion, on a baptisé le bâtard Royal Bourbon.
Je passe mon temps à observer Orlando, je vis dans sa routine, je connais ses expressions, je sais s’il se sent bien ou mal et depuis quelques jours, je le trouve agité. Il passe beaucoup de temps devant une boîte posée sur son bureau puis, de plus en plus souvent, il me regarde. J’ai l’impression qu’il m’étudie.
Je me repose près du canapé d’où je peux le voir quand subitement il s’adresse à moi.
Ça te plairait de parler ?
Je ne sais pas pourquoi mais je me lève et m’assois à côté de lui et pose ma tête sur ses genoux.
Nous sommes installés sur la terrasse du Perch LA au 15e étage du Pershing Square Building, au cœur de Downtown. Par nous, je veux dire Orlando, Quentin Desouches, son meilleur ami, et moi. Entourée de tours éclairées qui se détachent d’un ciel bleu nuit monochrome, la vue a quelque chose d’époustouflant, presque magique. Quentin confie qu’il a la sensation d’être dans une forêt urbaine plantée de la main de l’homme.
Il y a plusieurs assiettes de tapas sur la table. Quentin mange une aile de poulet en jetant distraitement un coup d’œil aux autres tables. Tendu, impatient, Orlando boit son whisky d’un coup et fait signe au serveur de lui en apporter un autre. Je me dis que ça doit être bon pour qu’il le boive aussi vite. Orlando se penche en avant et attrape la bouteille de vin. Il ressert son ami qui ne fait que tremper les lèvres.
Tu ne bois rien. Lâche-toi un peu.
Je ne touche plus à l’alcool. Je tiens à avoir la tête claire et les mains stables. J’ai pas envie de tuer un patient parce que mes mains tremblent.
Toujours aussi sérieux, comme à la fac. Toutes ces soirées auxquelles tu n’as pas participé pour étudier.
Je ne suis pas aussi résistant que toi. Ton voyage s’est bien passé ? Prêt à reprendre le boulot ?
Oui, oui, très bien. Peu importe. Voilà.
Le serveur arrive et lorsqu’il pose le nouveau verre de whisky sur la table, il me regarde longuement. Couché à côté de la chaise d’Orlando, je le fixe dans les yeux et grogne discrètement. Le serveur s’éclipse rapidement. Orlando enveloppe le verre de sa main et le serre fort. Peut-être qu’il veut le casser. Les humains ont parfois des réactions étranges. Plus loin, une femme rit très fort. No way. He really said that ?
Orlando se passe sa main sur le menton.
Je veux faire parler la nature. Si elle parle, elle pourra dire ce qu’elle pense de nous.
Tu veux dire parler de la nature ?
Non. Je veux la faire parler. Lui ajouter notre langage. Je dresse les oreilles. Je fais partie de la nature, alors ça veut dire qu’il veut me faire parler.
Quentin ne dit rien. Je me demande à quoi il pense.
Peut-être qu’il s’imagine en entretien avec un poulet. Il prend un toast d’avocat et examine Orlando du regard. Je crois qu’il essaie de détecter des signes d’ivresse mais Orlando n’est pas ivre. Pas de tremblement ou de sueur, pas d’exaltation. Orlando boit une gorgée et s’éclaircit la gorge.
La déshumanisation, c’est ça, la vraie bataille. Aujourd’hui, on est réduit à une fonction, complètement dépouillée de notre libre arbitre. Chaque jour, on efface un peu plus notre réflexivité, notre capacité à raisonner, à s’interroger, à ressentir et tout ça pour la rentabilité et l’efficacité économique.
Orlando bouge ses bras, ponctue ses mots en donnant des petits coups sur la table et je me demande si la table, qui est en bois, a conservé son principe vital. Je m’assois et pose ma tête sur son genou. Ça l’apaise quand je fais ça. Il pose une main sur ma nuque et d’après sa pression je sens qu’il est plus calme.
C’est vraiment n’importe quoi. On ne cesse de faire des compromis pour s’adapter à la technologie. On a l’impression qu’il ne faut pas la gêner, ou l’incommoder. Mais à force de traiter l’homme de faible et de dégénéré, on va finir par devenir la copie simplifiée à l’extrême d’un robot. Voilà comment je vois les choses. On n’a plus tellement le choix. Soit on s’endurcit pour devenir conquérant, soit on finira esclave de l’intelligence artificielle.
Quentin l’écoute, captivé. Des petits sursauts dans son dos me font penser qu’il a des mots sur le bout de la langue mais il ne dit rien, il laisse Orlando parler. La femme qui riait fort se lève pour partir. Just let him go. You can do better than that.
Je me couche à côté de la chaise.
Les gens ont peur, ils craignent l’avenir. Ils répètent que c’était mieux avant mais qu’est-ce que ça veut dire, avant ? Ça ne veut plus rien dire, on a modifié la nature, l’avant n’est plus. Le changement de climat et le réchauffement de la planète ne sont pas des canulars montés à l’intention des esprits naïfs. La Terre se fatigue. Elle arrive au bout de ce qu’elle peut produire en oxygène, en eau, en pétrole. La biodiversité est en phase terminale, les insectes disparaissent, les espèces animales et végétales sont exterminées.
Quentin hoche la tête. Oui, il est d’accord mais qu’est-ce qu’on peut faire ? Il faut faire quelque chose, c’est vrai mais quoi ?
Je sais ce qu’il faut. Ce n’est qu’une question de perception. On doit se servir du progrès technologique pour faire parler la nature, tu sais, pour inventer une voix de l’extérieur. Une voix qui pourra nous apporter un aperçu différent de ce que nous sommes et avec qui nous pourrions communiquer. Qui sait ? On trouvera peut-être une vraie solution.
Quentin paraît sidéré. Orlando le regarde à peine.
Toi et moi, on va fabriquer un hors cadre qui déplacera notre perception de ce qui est.
Il se tait. Quentin prend son verre et boit tout en une gorgée et il prend la bouteille et se sert encore du vin. Une odeur d’excitation sceptique le gagne rapidement.
Si je comprends bien, tu parles de nos rêves de fac, nos théories sur la méthode pour doter un animal ou un arbre d’une voix. Tu te souviens ? On imaginait notre futur centre de recherche avec des locaux secrets où on opérerait clandestinement des animaux pour leur donner une apparence humaine. Et ça veut dire quoi ? Qu’on le ferait ? Mais comment ?
Je l’observe. Il est déjà séduit et prêt à y aller.
On va transmettre notre langage à un chien et lui attribuer une conscience. On est déjà capable d’intégrer des cellules souches à un robot, d’implanter des muscles pour assouplir ses articulations. Je suis convaincu qu’on peut créer un visage humain avec des ramifications nerveuses et neuronales. Regarde ce qu’ils peuvent faire en biotechnologie. Si on accroît la communication cérébrale par le biais d’implants et de réseaux de neurones artificiels, on augmente le cerveau du chien. Et on lui greffe la peau qu’on a fabriquée nous-mêmes. Il n’y a aucune raison que ça ne puisse pas réussir. Un bio-ordi ressent les émotions, il a une conscience, alors pourquoi pas un chien ? Ses émotions sont déjà très proches des nôtres.
Je les regarde tour à tour. Ils m’ont oublié. Neurones, implants, cerveau. Je ne sais pas si je goûte les mots, ou si je les flaire mais ils ont un parfum que je ne m’explique pas.
Tu veux dire qu’on le fera parce qu’on peut le faire et c’est là ce qui peut nous changer ?
Oui. Imagine-toi un chien avec une apparence partiellement humaine. On verra notre humanité sous un autre angle. Ça nous permettra de nous accepter pour ce que nous sommes : des créateurs qui réinventent le monde.
Je regarde le visage halluciné d’Orlando et le visage rouge de Quentin et je me vois avec un visage humain. Je me demande si je dois me lever pour m’imposer dans leur échange mais une forme de sagesse m’incite à rester où je suis.
Mais pour le visage humain. On fera comment ? On le transplantera ? D’où viendra le visage ? On le fabrique, c’est bien ça ?
J’ai rencontré un neurochirurgien à Hong Kong, spécialisé en neurosciences, en biotechnologie et en communication neuronale. Diplômé de Stanford et de Caltech, il a déjà collaboré avec Neurlink dans la Silicon Valley. Il a de l’humour et il est compétent. Tu connais Busk ? Je lui ai fait un lifting avant de partir en voyage. Je l’ai contacté hier et on a rendez-vous avec lui demain pour le convaincre de financer notre projet.
Notre projet ? Mais on n’en est pas encore là. Et tu ne m’as pas demandé si j’étais disponible. Ni si je consentais à bosser avec toi.
Orlando l’ignore. Il se penche en avant pour se gratter la cheville et après avoir resserré ses lacets, il se redresse et hoche la tête plusieurs fois. Il fait toujours ça quand il est excité, il resserre ses lacets.
Si Busk consent à investir, on contacte Leroy (c’est son nom) et on se met en route.
Quentin fait signe au serveur. Peut-on avoir une autre assiette de tapas ? Le serveur reste à distance en prenant la commande. Je jette un coup d’œil autour du bar. La femme qui riait est partie. Presque toutes les tables sont occupées. Pas loin, caché par les plantes en pot, un homme qui semble amoureux tient une jeune femme par la main. Please, say something. Elle n’a pas l’air amoureuse et elle regarde la table, pas lui. Je me demande si la table est consciente de ce qui se passe à sa surface. Le serveur pose une assiette avec des tapas mélangées. Avec sa fourchette, Quentin attrape une galette de crabe bleu du Maryland.
Ce serait curieux de voir comment un chien évoluerait avec un visage humain fait sur mesure. Est-ce que le fait d’avoir un nez, des lèvres, des pommettes, des oreilles collées au crâne, une peau dépourvue de poils, ferait de lui une personne ? Tu crois vraiment qu’on peut augmenter un cerveau en intégrant des éléments au système nerveux ?
Je les écoute. Le monde tel que je le connais paraît subitement si irréel, comme si l’idée d’Orlando s’était imposée comme la seule réalité possible. Les lumières des tours se reflètent sur le sol carrelé du bar et créent une ambiance chaleureuse. Orlando se penche en avant et s’empare d’une aile de poulet. Penser me donne toujours faim, il dit. Le cerveau est aussi gourmand qu’un centre de données.
Tu n’as pas répondu à ma question. Est-ce qu’on greffe un visage au chien, ou est-ce qu’on le modifie ?
Je t’expliquerai les détails plus tard mais oui, on le greffe. On va concevoir une peau depuis le début. Tu imagines le pas de géant que fera la chirurgie esthétique ?
Tu te prends pour Dieu, dit Quentin, d’abord ironiquement puis sérieusement.
Orlando se cale contre le coussin fleuri de la chaise en fer forgé.
Dis, hier j’ai vu un homme enlacer un arbre.
En même temps...
Quelle foule ce soir. Pour un jeudi ce n’est pas mal.
Bien sûr que je me prends pour Dieu. Je suis Dieu. C’est en créant Dieu qu’on a prouvé ce qui fait l’essence du naturel de l’homme : créer ce qui n’existe pas.
EXTRAIT
